14 juin 2009
Du bon et du beaucoup moins bon
Après 2 mois pauvres en films qui donnent envie de se déplacer, l'effet Cannes et les sorties en cascades permettent de retourner dans les salles. Alléchés par les articles élogieux et consensuels, nous sommes allés voir le dernier Almodovar. L'excellent souvenir de 'Volver' ne m'aurait pas empêché de le faire, mais en comme en plus la presse semblait en pâmoison devant le dernier opus, c'est en toute confiance que j'ai pris ma place. Erreur et déception !! Dorénavant, Pedro semble se prendre très au sérieux et vouloir plaire au plus grand nombre : un bon gros mélo dégoulinant qu'il nous a pondu, faussement alambiqué et terriblement ennuyeux. Classique histoire d'amour à 3 contrariée. Pas un poil d'humour, si ce n'est à la toute fin à travers l'auto-hommage que le maître se rend à lui même... Au moins dans 'Tout sur ma mère', mélo s'il en est, la drôlerie de certains personnages ou situations permettait d'alléger le sujet et de sécher parfois les larmes. Ici, non seulement la mayo ne prend pas, on est jamais ému, et les rebondissements de fin sont dignes de la collection Harlequin. Non seulement Almodovar commence à tourner en rond, mais en plus il tourne mal !
Et voici 1 des films qui aurait beaucoup fait rire la horde de journaliste à Cannes. Soit les icônes Marceau/Bellucci dans un film mystico-fantastique. Sur une idée de départ séduisante, le film arrive dans un premier temps à insuffler une tension qui ne tiendra pas sur toute la longueur du film. L'explication du dédoublement est un tantinet appuyé et surtout simpliste et décevante. Avec de très jolis effets spéciaux qui permettent des plans entiers sur le mix des visages des 2 stars qui font penser à une toile de Picasso. Culotté et Impressionnant.
Quant au 'duel' des 2 comédiennes, quelle est la gagnante ? Un petit indice : Monica maîtrise à perfection l'étonnement et la peur, coaché sans doute dans cet exercice par une carpe. Les yeux grands ouverts et la bouche en cul de poule. On y croit fort, je suggère l'enseignement de sa méthode dans les cours de comédies...
Et voici 'Departures', film japonais ayant reçu l'oscar du meilleur film étranger cette année, et on comprend pourquoi... Trompé une fois de plus par une critique globalement élogieuse (ils sont corrompus par les distributeurs, c'est pas possible), plus de 2 h d'un tel film est une véritable torture. Histoire de retour aux sources banale, rédemption tire larme (merci au violoncelle), narration classique, rebondissement prévisible à se taper la tête contre le fauteuil devant, morale à la sauce hollywoodienne et j'en passe. Le seule chose intéressante c'est de découvrir les rites japonais en matière d'accompagnement du deuil. Mais une fois suffisait, là c'est à 3 ou 4 reprise qu'on se le tape. Courage, fuyons !
Et pour terminer, le désormais fameux film de Riad Sattouf, repéré en section parallèle à Cannes et soutenu là encore par une presse dithyrambique. Alors oui, c'est globlalement drôle, mais non et contrairement à ce qu'on voudrait nous faire croire, ça ne révolutionne pas le film sur les ados. Juste pour une fois ils nous sont montrés comme pas si bêtes et méchants que ça, juste obsdé par ce qui ne connaise pas encore, le cul ! Et surtout les parents n'y ont pas forcément le beau rôle. On se demande parfois qui éléve qui... et ça c'est plutôt pas mal vu. C'est plutôt bien troussé, quelques répliques vont certainement courrir dans les cours de récré. Mais sans plus. Mais finalement dans le lot, ça reste le meilleur film vu ces dernières semaines !
17 février 2009
Un ciné et au lit
Habituelle petite revue des films vus sur la multitude qui sort chaque semaine
Sorti après une promo intensive et une Maïwenn déchaîné sur certains plateaux télé, on pouvait espérer que son 2è film soit aussi déluré que ses déclarations. Que nenni mes braves !
Soit un catalogue d'actrices jouant toutes leur propres rôles mais dans des névroses ou attitudes qui, bien sûr, ne sont pas les leurs dans la vraie vie. Attention, SCOOP : nous apprenons donc que certaines peuvent être dépressives, égoïstes, mégalomanes, imbues de leur image ou bien cachetonnent pour conserver leur niveau de vie... C'est vraiment une très grosse surprise de les découvrir sous ce jour là... Mais le plus agaçant dans ce film, c'est l'utilisation que Maïwenn fait de sa propre image. Elle utilise comme dans son premier opus "Pardonnez moi", le style faux documentaire. Et elle met en scène sa mise en scène. Nous la voyons donc encore une fois avec sa petite caméra DV interroger certaines comédiennes, les plans de son faux documentaire mal éclairé et mal cadré se juxtaposant sur ceux du vrai film. De plus, dans le décor de sa maison de cinéma, on pourra retrouver une partie du décor de sa maison de cinéma de son premier film (même canapé, mêmes affiches de films au mur entre autres !). Mais son jules à changé, cette fois ci elle a pris son vrai jules (Joey Starr). Au final, ce qui devait être un film grinçant et drôle sur l'envers du décor et une gentille bluette sans grand intérêt qui permet surtout à sa réalisatrice de démontrer un grand nombrilisme et une haute estime d'elle même. Puant et superficiel. A croire qu'avoir partager la vie de Luc Besson laisse des traces indélébiles...
Et voici Dominique Blanc aux prises avec les affres de la jalousie. Sentiment relativement universel, même si il peut être maîtrisé par la plupart d'entre nous.
Donc une assistance sociale œuvrant dans une banlieue triste et relativement déshumanisée. Elle décide de rompre avec son ami beaucoup plus jeune qu'elle. Il accepte sa décision mais ils continuent à se voir jusqu'au jour il lui annonce avoir rencontré quelqu'un d'autre. Et là la machine se déraille, la jalousie s'installe doucement mais insidieusement. Celle qui fait perdre tout sens commun, qui pousse aux plus grandes bassesses et qui nous fait faire des choses qu'on aurait jamais pu imaginer auparavant.
C'est tout la beauté de ce film, montrer les changements qu'impliquent ce sentiment humain mais totalement incontrôlable sur notre personnalité, notre quotidien. Ce qui fait qu'on devient une autre personne. Que personne ne nous reconnaît, pas même nous. Grâce à une grande beauté de l'image et de l'utilisation du cadre, le film montre le côté presque surréaliste de ce changement, de ses implications et de ses conséquences. Servi par une Dominique Blanc en très grande forme en pseudo femme forte mais dépassée par ses sentiments et ses paradoxes. De plus, on peut aussi voir une critique du tout sécuritaire que subit notre société à travers les instincts les plus vils qui nous amènent à y succomber. Film à recommander très chaudement.
Basé sur une intrigue qui peut rappeler les attentats de Londres en 2005, 'Espion(s)' est à la peine pour tenter de renouveler le genre du film d'espionnage. Rien de neuf sous le soleil donc, même si le film de Nicolas Saada reste tout à fait honnête et regardable. Le plus ennuyeux dans ce film est de souffrir pour Géraldine Pailhas tellement son talent est sous employé. Simple proie et faire valoir, son personnage manque vraiment de profondeur et de failles pour qu'on s'y attache. Quant aux admirateurs(trices) du fade Canet, ils seront comblés et séduits par son éternel léger strabisme vide de toute étincelle et son rôle d'anti-héros pris dans l'engrenage. Comment ça je suis dur ?! Non, Canet est bon comédien mais possède le charisme d'une moule accrochée à son rocher.
Voilà, ça c'est fait....
Et voici un film Chilien. Soit l'histoire d'un loser dans le Chili de Pinochet dont le seul but est de décrocher la première place du concours de sosie de Tony Manero, personnage de Travolta dans 'La fièvre du samedi soir'.
Ce personnage de serial killer qui utilise et tue ceux qui le conduiront vers son rêve, et d'un profond ennui. De ceux qui nous plonge rapidement dans une douce somnolence (au mieux) ou qui nous font demander pendant toute la séance 'putain, c'est pas encore fini' (au pire). Le réalisateur avait pourtant beaucoup d'éléments pour tirer parti de son histoire : un comédien impliqué dans son rôle, une ambiance sombre et glauque et un contexte politique oppressant.
Ah si ! Une seule chose est à retenir : une idée ingénieuse pour arriver à faire une boule à facettes pour pas cher. Vive le système D.
Et voici le 2e opus de l'année pour Marceau. Vendu comme une sorte de "Boum" des temps modernes, c'est effectivement un teen-movie franchouillard moins bêta que sa référence. On peut regretter comme l'on souligné nombreuses critiques que Lisa Azuelos est situé son action dans la bourgeoisie du 16e arrondissement parisien ou aucun problème matériel ne vient entacher les terribles problèmes des ados. Malgré ça, le film est une jolie comédie où on rit franchement de certaines situations bien croqués (le voyage en Angleterre, les parents dépassés par les évènements par exemple). Sophie Marceau exploite pleinement sa quarantaine épanouie avec une grâce qu'on ne lui avait pas vu depuis longtemps. Elle est décidément très doué pour la comédie et sait en tirer son meilleur partie. Elle avait besoin d'un bon gros succès populaire, elle l'a enfin trouvé. Sa fille de cinéma a nettement moins de charme. Ni joli ni laide, et un talent qui reste à prouver. Pas sûr qu'elle fasse la même carrière que son aînée.
En résumé une bonne sucrerie d'hiver à apprécier sans modération.
15 janvier 2009
De l'autre côté du Pacifique

Et c'est reparti pour une année de cinéma, avec une rentrée quantitative mais peu qualitative sur le papier. Et commençons par le 1er des 4 films que notre Marceau nationale devrait sortir cette année. Mon entourage sait que je perds tout sens commun dès qu'il s'agit de Sophie Marceau, et ce depuis mes 12 ans et mes premiers émois sexuels (langue qui pend, idolâtrie démesurée, je suis même le seul à la trouver touchante quand elle touche le fond publiquement). J'ai séché peu de film la concernant, et il est vrai que j'ai hésité pour "De l'autre côté du lit" dont je savais dès le départ que ça ne serait pas une grand comédie, et encore moins après avoir vu la bande annonce (catastrophique). Mais quand on a 2 heures à perdre et une carte illimitée, pourquoi se priver... Après un début plutôt enlevé et une mise en place plutôt marrante, Pascale Pouzadoux et son film s'essouffle. La réalisation qui se veut dynamique et inventive (certainement pour éviter le côté théâtre filmé) devient vite lassante à force de mouvement de caméra plongeante, contre plongeante, travelling avant/arrière, voire lelouchienne dans les pires moments. Quant au scénario, il cassserait pas trois pattes à 1 canard (copyright ma grand mère). Soit comment trouver l'égalité dans un couple avec enfants dans le 'qui fait quoi'. Et quand Monsieur prend la place de Madame, tous le monde y perd ses repères, surtout Madame et les enfants. Morale du film : l'homme et la femme ont chacun des qualités propres impossible à interchanger ! Un vrai scoop ! Chacun est donc renvoyer dos à dos.
Mais la réalisatrice tente de renverser certains clichés pour mieux étayer son féminisme (le bomec sur les affiches de pub pour attirer la cliente, Anny Duperey qui accepte les avances d'un homme de 20 ans de moins qu'elle). Ce qui ne l'a pas empêché d'écrire un second rôle pour son jules dans la vraie vie (le charmant Antoine Duléry) qui parasite son film. Quand aux comédiens principaux ils fonctionne à merveille : Boon est Marceau forme un très crédible couple, lui toujours idéal dans son rôle d'ahuri heureux, elle parfaite en femme de tête qui décide de prendre les choses en mains (naaaan jamais je dirais du mal de Sophie, jamais !). Et puis en plus, honnêtement et objectivement, elle est très à l'aise dans la comédie et surtout elle commence à bien vieillir à l'écran (siiiiiiiii, promis juré craché...). Pourvu que ça dure !

On passe à tout autre chose avec "Un barrage contre le Pacifique". Soit les aventures de la famille de Marguerite Duras dans une plantation de riz dans les années 30 dans l'ex Indochine. Ce film est a recommander si vous aimez vous endormir doucement dans les cinémas... En s'endort, on se réveille, on se rendort, on se réveille, on se dit 'c'est pas encore fini', on se rendort etc etc etc. Gaspar Uliel est très bronzé et très musclé, Isabelle Huppert a su rester diaphane et soporifique.
Le seul intérêt réside dans la jeune Astrid Bergès-Frisbey. En espérant que dans l'avenir son talent ne soit pas éclipsé par sa beauté.
AU SUIVANT !



